La rencontre entre Rivenzi et Nicolas Patin remonte à février 2022, au 18 pour être précis. À l'époque, le vidéaste découvre les travaux du maître de conférences bordelais grâce à une discussion avec l'historien Christian Ingrao lors d'un séjour à Berlin.
C'était son livre sur Krüger, (lien externe) cet officier allemand présent en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. J'ai trouvé le sujet passionnant, j'ai dévoré le livre, puis j'ai fini par écrire à Nicolas pour qu'on organise un live ensemble
, raconte Rivenzi.
Le premier échange fonctionne immédiatement. Depuis, les collaborations entre les deux hommes se multiplient autour d'un objectif commun : prendre le temps de transmettre des sujets historiques complexes dans des formats accessibles.
Pour Nicolas Patin, l'intérêt du format Twitch repose justement sur ce temps long devenu rare dans les médias traditionnels.
Avec le stream, on peut développer une idée, nuancer, expliquer, au lieu de devoir résumer des sujets complexes en trente secondes sur un plateau télé.
L'historien évoque aussi un rapport différent au public, plus proche selon lui de celui qu'il peut connaître à l'université.
Il y a l'interactivité avec les commentaires. Ça ressemble beaucoup à un cours à la fac. On sent les réactions, on adapte son rythme, on maintient une attention collective.
Mais ce qui le marque particulièrement dans ces collaborations avec les créateurs de contenus historiques, c'est aussi le travail de préparation réalisé en amont.
Dans mon expérience, les streamers avec qui j'ai travaillé préparent énormément leurs sujets. Je pense par exemple à Nota Bene qui travaillait ses émissions de manière très sérieuse. C'est ça qui est agréable : on garde une vraie exigence scientifique, mais dans une ambiance beaucoup plus détendue, plus vivante.
De son côté, Rivenzi insiste sur l'importance de donner la parole aux chercheur·ses.
Ce qui me motive vraiment, c'est de mettre en avant des personnes qui ont passé des années à travailler sur ces sujets-là. L'idée, au fond, c'est de créer une passerelle entre mon public et les chercheurs.
Loin de l'image d'un Internet incapable de ralentir, ils observent au contraire un intérêt croissant pour les formats longs et exigeants.
Ce que je trouve vraiment chouette avec ce format, c'est qu'il va un peu à contre-courant de l'idée selon laquelle les gens auraient de moins en moins d'attention. On dit souvent qu'on scrolle en permanence, qu'on ne se pose plus, mais ces formats montrent aussi que les gens sont capables d'écouter pendant une heure, une heure et demie, des spécialistes parler d'histoire.
, souligne Rivenzi.